Les Évangiles contiennent des injonctions majeures sur l’accueil de l’étranger (Matthieu 25, 35) et sur l’assistance aux personnes en détresse (parabole du bon Samaritain, Luc 10, 25-37). Or il existe tout un débat au sein des Églises pour savoir si ces préceptes sont applicables ou inapplicables dans nos sociétés. Les États peuvent-ils accepter que tout un chacun puisse pratiquer l’hospitalité « sans frontières » ? On invoque souvent la fameuse distinction proposée il y a un siècle par le sociologue allemand Max Weber entre :
- d’une part, « l’éthique de conviction », qui serait une forme absolue d’éthique inspirée de l’Evangile, indifférente aux conséquences sociales de ses actes, et,
- de l’autre, une « éthique de responsabilité », qui passerait des compromis viables avec les contraintes imposées par les États, comme la protection des frontières ou la préservation de l’identité nationale.
On a pu reprocher ainsi au pape François d’avoir écarté l’éthique de responsabilité au seul profit de l’éthique de conviction quand il a défendu le principe de l’hospitalité inconditionnelle lors de son voyage à Lampedusa ou dans son encyclique Fratelli tutti.
François Héran reprendra ce dossier en tentant de clarifier ses enjeux.
Intervenants
François Héran
François Héran est diplômé de l'ENS Paris en Philosophie et de l'EHESS en anthropologie. Il possède deux doctorats (EHESS et Paris Descartes) dans le domaine de l'anthropologie.
Il a été Directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED) à partir de 1990
Puis Chef de la division des enquêtes et études démographiques (« Conditions de vie des ménages ») à l'INSEE de 1993 à 1998,
Puis Directeur de l'INED de 1999 à 2009
De 2014 à 2016, il dirige le département des Sciences humaines et sociales à l'Agence nationale de la recherche (ANR).
En 2017, il est élu professeur au Collège de France pour la chaire « Migrations et sociétés »